il y a la haine à l'état pur. Celle qui empêche d'avancer, celle qui fait suffoquer. Et je ne peux rien lui dire de ça à lui, parce que c'est trop tôt, ou trop tard, ou qu'il ne saurait pas quoi en faire de ce dégueulis brûlant qui me ronge les entrailles, qui me fait serrer les machoires, qui tourne mes yeux clairs en des torpilles sombres.

Parce que ça ne part pas, la résignation a été remplacée par la rage. Oh je ne suis toujours pas assez solide, ça non, ni forte, ni indépendante, mais maudit soit celui là qui se dresse sur mon chemin, maudit soit celui qui ose la toucher et je piétine de mépris celui là qui est censé nous protéger et qui ne fait qu'échouer.

Les hommes sont lâches, et mauvais, et pernicieux. Les hommes sont faibles et ne sont rien sans nous. Les hommes sont des menteurs, les hommes sont pathétiques, les hommes sont inconstants, les hommes sont dégueulasses.

A chaque coup de fil qui sonne dans le vide, j'ai mes tempes qui bouillonnent.

Je lui en veux de tout gâcher, je lui en veux de ne jamais être là, je lui en veux de teinter toutes mes relations d'amertume, je lui en veux d'avoir si peu de scrupules à la détruire et à la trahir encore et encore.

Qu'est ce qui est si compliqué ? Qu'est ce qui ne fait pas sens à ses yeux ?

Je suis furieuse, et pourtant sans voix, je suis enragée et impuissante, je suis haineuse et épuisée, je n'en peux juste plus d'osciller, entre sa douceur à lui et la haine et la méfiance qui ne demandent rien pour se réveiller, entre la promesse d'une épaule et l'attente constante du moment où je vais commencer à souffrir.