Le cœur qui se serre à la lecture des paroles. Comme tous les amoureux, comme tous les couples balbutiants, on croit être unique, que ces mots n’appartiennent et ne résonnent que pour nous. Sinon à quoi bon.

J’ai déjà vu par curiosité qu’elle et moi répondions au même nom. Un pincement au cœur certes, mais ce nom c’est moi qui l’ai choisi, voire imposé. Alors sans rancune comme on dit.

La première pointe de jalousie, la première morsure au cœur quand j’ai su qu’avant moi, mais après elle, ils avaient recouché ensemble.

L’idée de son désir pour une autre me donne la nausée.

C’est peut être ça qu’il me fallait pour que j’arrête mes jeux avec d’autres. Rien de grave, jamais avec moi. Rien qu’on ne puisse m’imputer. Seulement le cœur qui bat un peu trop fort, ou les yeux qui se troublent.

Se rattacher coute que coute à d’autres options, pour ne pas avoir l’impression de s’enfermer, d’étouffer et de s’éteindre.

 

Pendant ce temps là, j’assiste impuissante au voyage que j’aurais dû faire. Je navigue parmi les photos. Je me demande de quoi il se souvient. Je regarde des photos où je suis belle et lui, n’en parlons pas.

Fort heureusement, pas de gestes tendres entre nous. Je me souviens d’ailleurs qu’il ne s’était rien passé pendant ce voyage entre nous. La chaleur, la fatigue et puis la peur d’affronter nos problèmes, ou juste les siens.

Au retour, nous avions recouché ensemble. Ce qui était étrange c’est que ça n’avait jamais été comme ça. Comme si il voulait garder, s’empreindre de chaque millimètre de ma peau. Moi j’ai laissé faire, j’avais plus peur qu’autre chose. De le perdre, de le garder, d’avoir mal, tout ça en même temps.

Alors c’est bien tout ça mais ça ne s’arrange pas. De vivre et vivre et de laisser mourir.

D’entendre ce putain de mot que je hais, Saint Grâal des bourgeoises aux idéaux : Construire.