Ce qu'il y a de chiant et d'oppressant dans le célibat de longue durée (ces propos n'engagent que moi), c'est que de semi déception en semi déception, on en devient que plus dure et légerement acariatre. Par exemple, aujourd'hui j'ouvre mon coeur à tous les sourires et les rayons de soleil, mais je le referme à une vitesse incroyable. Je n'ai plus envie de faire d'efforts. Est ce l'attente que je renvoie qui effraye ? Est au contraire cette dureté et cette intransigeance que j'ai du mettre en place comme protection ? Est ce le fait qu'indépendamment des sentiments ou attirances que je peux ressentir, je trouve normal d'être polie (peut être trop) et que j'ai tellement peur de l'abandon que je passe à la fois mon temps à essayer de me rendre indispensable auprès de gens qui n'ont rien demandé, et que j'ai en permanence le sentiment d'avoir fait une erreur, une bétise , un dérapage qui justifierait cet abandon.

Pourtant je regarde les gens autour de moi, des gens qui se disent merde, des gens qui se hurlent dessus, des gens qui ont un caractère et l'expriment, sans avoir peur.

Je suis épuisée comme rarement. Depuis deux ans, j'essaye de laisser venir les autres à moi avant de me jeter les bras ouverts et la bouche en coeur dans l'inconnu et contre un mur, et pourtant dès que je me mets en tête de donner un peu du mien, tout s'arrête. Je réalise que je n'ai aucune patience, je réalise que le fait de parfois me haïr au point de vouloir m'éventrer n'est pas de nature à rassurer mon entourage sur ma santé mentale et ma fiabilité, je réalise (parfois) que je peux être insensible, arrogante et méprisante, mais pour le moment, j'ai juste besoin d'un minuscule signe qui m'indique que je suis sur le bon chemin.